Margaret Alice Murray fut, archéologue renommée, fut aussi une autorité reconnue dans l’étude de la sorcellerie. Dans ses ouvrages historico-ethnologiques, dont Le Dieu des sorcières est le plus célèbre, elle affirme que la sorcellerie était une religion de la fertilité datant du néolithique, pratiquée par les populations pré-indo-européennes et par leurs descendants. Elle était centrée sur une divinité cornue représentant le pouvoir générateur de la nature, et son culte se pratiquait dans des covens dirigés par un grand maître auquel les chrétiens donnèrent le nom de Diable. Ses célébrations portaient le nom de sabbats et d’esbats et avaient lieu aux solstices, équinoxes et pleines lunes. Elles comportaient des danses, des actes de magie, des sacrifices d’animaux et des rapports sexuels pour encourager la fertilité de la terre. Les écrits de Margaret Murray trouvèrent une audience en dehors des cercles habituels des anthropologues et des amateurs cultivés et ils servirent de base à la création d’une nouvelle religion néo-païenne : la wicca, dont les membres pratiquent des rites directement inspirés de ceux décrits dans ce livre.
Prêté par un collègue avec lequel je partage les mêmes passions, cet essai est une grande découverte. On y découvre l’origine de la sorcellerie, ses tenants et aboutissants ainsi que la démystification de certains rites païens.
Dans les deux premiers chapitres Le Dieu Cornu et Les adorateurs, Margaret Murray met en avant l’origine du mythe de la sorcière et les différentes croyances païennes. Beaucoup d’exemples à travers le monde (mais surtout la Grande-Bretagne) ainsi que des extraits de procès de sorcières. On notera l’utilisation par l’église de certaines figures païennes remâchées puis érigées en figures chrétiennes…
Le chapitre 3 Le clergé est très complexe et on pourrait dire que c’est à cause de lui que ma note globale a baissé. On s’approche plus ici de la théologie et le chapitre est difficile à suivre.
Les chapitres suivants s’intéressent aux cérémonies pratiquées à l’époque païenne. Comment l’église a interprété les rites de ces personnes pratiquant encore l’ancienne religion. Loin de disserter sur des sujets connus ou tout du moins populaires, Murray expose non pas des avis, mais des thèses et explications basées sur des faits réelles et des recherches assidues. Ainsi, même les passionnés seront à même d’élargir leurs connaissances grâce à de nouvelles données.
Le dernier chapitre, La victime divine, n’est également pas très passionnant. Murray expose la mort de Jeanne d’Arc et Gilles de Ray comme sacrifice divin à leur dieu païen. La théorie, bien que probable, n’est pas aisée à cerner. Cependant, j’aurais appris une chose: Jeanne d’Arc n’est certainement pas un pur produit de la chrétienté…
Le livre contient une bibliographie finale assez impressionnante et de nombreuses notes viennent étayer les explications de l’auteure. De quoi se plonger dans le mythe de la sorcellerie, mais aussi les croyances de l’Angleterre, l’Irlande ou l’Écosse.
CONCLUSION
Le Dieu des Sorcières est un essai à lire et à garder pour tout passionné de sorcellerie (d’un point de vue historique) et d’anciennes cultures. Un must!





























