Fantasy, Héroïc-Fantasy, Livres

Les Orcs, la voie du saccage – Patrick Den

Aujourd’hui c’est lundi : bienvenue au royaume de Féerie !

« Nous vivons pour la guerre. »
« Il nous revient de régner sur la montagne, la forêt, la plaine et la rivière. Nous sommes les orcs, et un jour le monde entier nous appartiendra. »
Découvrez ici pour la première fois le sombre héritage qui retrace l’histoire des orcs, de leurs croyances, de leurs coutumes et de leurs rancœurs envers les autres races depuis leur apparition sur Naer Evain. Un guide illustré, indispensable, établi d’après des témoignages d’orcs recueillis au péril de nombreuses vies.
« Un dernier mot à propos des orcs. J’espère ne plus jamais avoir à leur adresser la parole, ni même à poser les yeux sur l’une de ces brutes scarifiées. Que le but de leur existence soit d’exterminer tous ceux qui sont différents d’eux devrait constituer un avertissement suffisant pour toutes les races. Sebastian Venghaus Anthropologue royal, Hoïm »

Ce livre un peu particulier est le premier d’une trilogie écrite par Den Patrick. Il s’agit à la fois d’un livre illustré, d’un roman et d’un faux guide de voyage au royaume de Naer Evain. 🙂

Si au début, la lecture n’est pas si facile, car on nous présente le fonctionnement des armes des Orcs et leurs techniques de guerre, on se laisse très vite prendre au jeu tant Patrick nous fait rentrer dans son univers. Sebastian Venghaus est le personnage (Humain) qui raconte le fonctionnement de la société des Orcs. Présenté comme une sorte d’essai anthropologique, La voie du saccage nous immerge totalement dans un monde de fantasy, carte à l’appui en introduction. On apprendra par exemple que les Orcs ont des chamans qui peuvent envoûter les Trolls ou alors qu’ils appellent leur progéniture des « p’tits-culs ». Le travail de l’auteur est très fouillé et tellement recherché qu’on croit vraiment à la création de son monde.

On pourra peut-être regretter le manque de nuances dans la présentation des Orcs qui sont tous des barbares sanglants et un peu stupides ! Pourtant, le dernier chapitre du livre raconte l’histoire d’une grande bataille qui les a opposés aux Elfes. Raconté par l’un des plus grands chefs Orcs, ce passage est plus romancé ; plus épique. Il nous permet de nous imaginer un monde à la Seigneur des Anneaux (qui reste clairement la principale référence du livre), mais avec un point de vue plus guerrier.

CONCLUSION

Si ce premier « manuscrit » manque un peu de subtilité dans la description de la créature fantasy choisie, il n’en reste pas moins que l’ouvrage est tout à fait agréable à lire. On se prend à sourire avec les fausses petites notes de bas de pages comme si nous lisions un ouvrage universitaire. L’effet est poussé jusqu’au bout et Den Patrick sait comment satisfaire les fans du genre. Le prochain ouvrage s’intéresse aux Elfes : à voir ce qu’il nous a concocté…

A suivre…

Articles, Geek

Magazines à suivre !

Aujourd’hui c’est dimanche : geek time !

Cela faisait longtemps que je voulais faire ce billet, le temps file et je vois que ce blog n’a pas été alimenté depuis mars…Bref…

Je voudrais donc vous présenter des magazines que je suis et/ou auxquels je suis abonnée et qui méritent d’être salués.

L’Ecran Fantastique

https://ecranfantastique.fr/

Superbe magazine très complet qui met en parallèle littérature, audiovisuel, jeux et événements culturels : pas de hiérarchisation ; tout est culture ! Et ça, ça fait du bien. 🙂 A noter la rubrique finale Fantastyka qui revient sur des classiques du genre avec force détails (je pense par exemple au superbe dossier qui a été fait sur la saga Indiana Jones). Attention : vos piles à lire, piles à voir, piles à jouer & compagnie vont vite augmenter. 😉 Une revue de passionnés pour des passionnés ! ❤

Geek le mag

https://geektribes.fr/

Dans la même veine que L’Ecran Fantastique, mais plus centré geek et avec beaucoup de dossiers de recherches vraiment passionnants. C’est souvent plein d’humour et les journalistes sont passionnés par leurs sujets : une lecture toujours agréable. Et même quand on aime les univers geeks, on découvre à chaque numéro quelque chose de nouveau. Encore une revue de passionnés ! ❤ A noter aussi les superbes couvertures des numéros !

Mythologie(s) magazine

https://shop.oracom.fr/25-mythologies-magazine

Magazine plus spécifique, plus historique et plus universitaire, mais vraiment très, très passionnant avec des articles pointilleux et une très belle mise en page. A noter : un abonnement sur 2 ans vraiment peu cher pour la qualité de la publication.

La revue des livres pour enfants

https://cnlj.bnf.fr/fr/page-editorial/la-revue-des-livres-pour-enfants

Une revue d’abord pour les professionnels, mais aussi pour tous les passionnés de littérature de jeunesse. Publiée tous les deux mois, la revue met à chaque fois un thème précis en avant que ce soit un sujet de recherches, un genre ou encore un artiste. Pareil : le coût de l’abonnement pour 1 an est clairement minime vu la qualité de la publication et le nombre de pages conséquent de chaque numéro.

N.V.L !

https://www.nvl-larevue.fr/

Revue de réflexion également, la revue du centre Denise Escarpit, bien que présentant des numéros plus courts, est tout aussi passionnante que la revue de la BNF. A noter : les couvertures toujours bien trouvées !

Lecture Jeune

http://www.lecturejeunesse.org/revue-lecture-jeune/

Revue à la fois pour les professionnels et pour les passionnés, Lecture Jeune est la revue du centre Lecture Jeunesse qui, en plus de sa revue, propose un certain nombre de formations tout à fait pertinentes et très réussies. La revue trimestrielle est un peu plus centrée sur la jeunesse dans son ensemble avec à chaque numéro un gros dossier sur une question de société. Un petit plus quand on est abonné : on reçoit tous les mois une lettre d’info supplémentaire, mais aussi des dossiers spéciaux et une liste de livres à lire. Enormément de travail fourni donc pour un prix plus que raisonnable !

En cours…

Deux nouvelles revues vont (peut-être) s’ajouter à cette liste et sont en cours de découverte :

Tout est dans le titre ! 🙂 Très belle revue avec un superbe papier et des articles précieux sur l’animation : une revue de passionnés. A voir sur le long terme.
Etonnante revue sur l’innovation et les tendances de notre monde actuel et si les couvertures laissent à désirer (un petit côté bobo…), le contenu est vraiment de qualité avec des analyses sociologiques de nos consommations. Le coût d’un numéro et de l’abonnement peut être un frein.
Contes, Livres

Contes de la Montagne

Aujourd’hui c’est samedi : vive les petits !

Vous êtes ici conviés dans l’univers mystérieux des montagnes et des trésors qu’elles renferment à travers des contes du monde entier. Entrez dans la magie aux côtés des géants de pierre ou des bergers malicieux et laissez-vous charmer par ces personnages.

Avant toute chose, n’oublions pas que les contes sont destinés à tous ! ^_^ Si vous lisez ce recueil à vos petites et petits, n’hésitez pas aussi à vous y plonger.

La collection « Légendes et Contes » de Gründ propose de très beaux ouvrages illustrés. Dans ce recueil publié en 2003, les contes réunis par Martina Drijverova sont illustrés par Eugène Sopko. Les illustrations sont superbes et nous transportent dans des univers le plus souvent enneigés ou rocailleux.

Ainsi, Géant, Trolls, Lutins et Gnomes sont très présents. Pourtant, le recueil ne se contente pas de mettre en avant le folklore du Nord ou Allemand, mais passe aussi beaucoup de temps dans les pays de l’Est et notamment les Balkans qui nous offrent de très beaux contes malicieux.

Enfin, on saluera la présence de contes kazakh, saoudien et arabe qui permettent d’avoir une vision différente de la montagne (et notamment du côté des trésors enfouis ou gardés) et d’apercevoir quelques éléments de folklores orientaux.

CONCLUSION

Contes de la Montagne est un recueil vraiment très agréable à lire, mais surtout à regarder. La plupart des contes sont malicieux et décalés, se terminant par de petites pirouettes amusantes. L’ensemble des histoires montre une certaine harmonie entre humains et nature ; un élément à méditer qui semble tout à fait actuel !

Animation, Française

Calamity, une enfance de Martha Jane Cannary

Aujourd’hui c’est vendredi : anim en folie !

1863, États-Unis d’Amérique. Dans un convoi qui progresse vers l’Ouest avec l’espoir d’une vie meilleure, le père de Martha Jane se blesse. C’est elle qui doit conduire le chariot familial et soigner les chevaux. L’apprentissage est rude et pourtant Martha Jane ne s’est jamais sentie aussi libre. Et comme c’est plus pratique pour faire du cheval, elle n’hésite pas à passer un pantalon. C’est l’audace de trop pour Abraham, le chef du convoi. Accusée de vol, Martha est obligée de fuir. Habillée en garçon, à la recherche des preuves de son innocence, elle découvre un monde en construction où sa personnalité unique va s’affirmer. Une aventure pleine de dangers et riche en rencontres qui, étape par étape, révélera la mythique Calamity Jane.

Le nouveau film de Rémi Chayé, à qui l’on doit le sublime Tout en haut du monde, déçoit par son propos peu subtil et ses personnages parfois trop caricaturaux.

Calamity met en avant l’enfance compliquée de Calamity Jane. Sous prétexte de parler de l’émancipation de la jeune fille à une époque où les femmes n’ont pas leur mot à dire, Chayé tombe dans les travers actuels à savoir rendre l’entourage de Calamity détestable pour qu’elle existe. Mais pire que ça, pour que Calamity exprime son plein potentiel, il lui fait couper ses cheveux et porter un pantalon. Si le port du pantalon se justifie totalement dans une scène où elle tente de monter à cheval, le concept de se transformer physiquement en garçon pour prouver qu’elle a des capacités est une erreur monumentale.

D’autant plus, la patronne de mine qu’elle rencontre, que l’amusante et touchante Madame Moustache (doublée par Alexandra Lamy), a justement gardé ses attributs féminins et prouve (en robe, bien coiffée et distinguée) qu’elle est tout à fait capable de gérer une mine et des employés. C’est le seul moment juste du film où le propos du réalisateur se fait plus subtil et du coup plus percutant.

De plus, on se rend compte au fur et à mesure de l’aventure de Calamity que le sujet n’est pas réellement celui qu’aborde Chayé puisque tout l’intérêt réside, non pas dans le concept fille vs garçon, mais plutôt enfant vs adulte. Et c’était pour moi le point central (et fort !) du film ! Or, le réalisateur n’y va pas vraiment préférant appuyer lourdement sur une Calamity très garçon manquée qui parle mal, se bagarre et boude tout le temps. Pourtant, le message du film reste bien : les enfants sont aussi capables de grandes choses et parfois de sauver les adultes. C’est bien dommage de voir que ce sujet, tout à fait pertinent et important à faire passer auprès du jeune public, est noyé dans une succession de mésaventures principalement liées aux questions de genres.

Outre le propos du film, l’intrigue en elle-même manque vraiment de peps et il est difficile de suivre une enfant si désagréable. Ses aventures semblent posées les unes à la suite des autres sans réel lien et exceptés le soldat et Madame Moustache (dont l’apparition bien trop rapide aurait mérité plus de développement), les personnages secondaires manquent de coffre (quid du groupe d’Indiens par exemple ?).

La reconstitution historique est par contre parfaitement maîtrisée avec une ambiance typique du 19ème à l’ouest des Etats-Unis. Les superbes décors sont soulignés par des dessins magnifiques et une superbe animation fluide. Les couleurs, les lumières, même les bruits et odeurs sont notables : le film est très sensuel dans le sens où il nous transporte parfaitement à l’époque et dans les lieux traversés.

Les séquences dans les grandes plaines où la nature sauvage est bien présente ou encore les traversées de rivières et rapides sont les plus réussies, car très réalistes. Et en même temps, les tons choisis donnent à l’ensemble une imagerie qui se rapproche de celle des contes (par exemple dans la forme des nuages ou le drapé du vent, les mouvements de l’herbe…) avec un réel ton poétique. Le film est vraiment très beau, techniquement maîtrisé et la réalisation vraiment léchée avec une véritable dynamique dans la façon de filmer les scènes.

CONCLUSION

Le manque de subtilité du propos et le scénario pas assez bien ficelé rendent Calamity, une enfance de Martha Jane Cannary, non pas désagréable à regarder, mais difficilement appréciable. Vraiment dommage, car la proposition visuelle de Chayé reste d’une belle originalité et prouve aussi que la 3D et les blockbusters ne sont pas la panacée de l’animation.

Animation

Sergent Stubby

Aujourd’hui c’est vendredi : anim en folie !

Le destin incroyable de Stubby, chien errant recueilli par John R. Conroy sur le campus de Yale où le soldat s’entraînait avec les troupes US avant de rejoindre les alliés lors de la Grande Guerre. John embarque clandestinement son protégé sur l’USS Minnesota, et les voilà voguant vers la France pour participer au combat. Par sa loyauté et sa bravoure, Stubby conquit tous ceux qui le côtoient, civils comme soldat. A son retour aux Etats-Unis, il reçoit plusieurs médailles et le titre de Sergent ! Véritable héros sur 4 pattes, Stubby a montré au monde entier que ce qui compte, ce n’est pas d’être bien né, c’est le courage et l’amitié.

Ce petit film d’animation sans prétention est vraiment réussi ! Tiré d’une histoire vraie, Stubby met en avant l’histoire d’un chien qui participa à la Grande Guerre et aida les hommes au front.

A travers l’amitié entre un chien et un soldat, le réalisateur brosse un portrait plutôt sordide de la Grande Guerre dans laquelle soldats français et américains se retrouvent empêtrés. Gaz moutarde, obus, espions… tout y passe, mais de façon totalement subtile ce qui évite de tomber dans une surenchère de violence. Ainsi, le film est tout à fait adapté dès 8 ans, car ni dur ni triste.

Grâce à Stubby, le film est d’ailleurs souvent drôle, car l’animation très fluide du chien est parfaite ! On a l’impression parfois d’avoir affaire à un vrai chien tant les réactions et expressions sont maîtrisées.

Dans l’ensemble d’ailleurs, le film est très beau avec de belles ambiances et une belle animation.

Les personnages sont touchants et particulièrement les soldats qui sont bien représentés. On regrettera cependant les clichés du personnage de Gaston Baptiste, interprété par un très bon Gérard Depardieu, mais parfois un peu trop poussif. Le soldat français, obsédé par le pâté, le vin et la pétanque a cependant de jolies scènes qui nous font apprécier son personnage.

CONCLUSION

Héros de guerre et pourtant inconnu, Stubby fut décoré à son retour aux Etats-Unis. Le film de Richard Lanni met en avant ce héros incongru et la forte amitié qu’il partageait avec son maître. Simple, mais efficace et tendre, Stubby est un film d’animation pour toute la famille !

Adaptation, Féerie, Films

Le jardin secret (2020)

Aujourd’hui, c’est mercredi: ciné party!

A la mort de ses parents, la jeune Mary Lennox, enfant solitaire à l’imagination débordante, quitte l’Inde pour rejoindre la campagne Britannique. Exilée dans le manoir de son oncle, elle fera la rencontre de son cousin Colin, d’un jeune garçon nommé Dickon, de l’adorable chien Fozzie et d’un ingénieux rouge-gorge. Ensemble, ils partageront la découverte d’un jardin magique et merveilleux qui marquera le début d’une aventure et d’une amitié hors du commun.

Adapté du roman de Frances Hodgson Burnett publié en 1911, Le jardin secret est un petit film sans prétention, très joli, qui met en avant la nature et le pouvoir qu’elle peut avoir sur les gens.

Mary se retrouve en Angleterre dans un énorme manoir froid et peu éclairé dans lequel son oncle est presque absent. Seule, aimant la liberté et l’aventure, Mary va découvrir un jardin secret et comprend, à force d’explorations, qu’il est magique.

Lorsqu’elle découvre son cousin Colin, enfermé dans sa chambre, car paraplégique, la petite fille décide de partager sa découverte avec cet enfant qui n’est jamais sorti du manoir sur ordre de son père. A travers la déambulation des enfants, le film traite de deux sujets assez durs: le handicap et le deuil.

Mary (Dixie Egerickx), Colin (Edan Hayhurst) et Dickon (Amir Wilson)

En effet, la mère de Mary et celle de Colin sont décédées à quelques mois d’intervalle et les deux enfants se sentent coupables. Lorsqu’ils découvrent des lettres cachées échangées entre les deux soeurs, Mary et Colin peuvent se libérer de leur culpabilité et enfin faire le deuil de leur mère. Quant à Colin, le courage et le dépassement de soi vont lui permettre de combattre son handicap. Tout cela sur fond d’un jardin magique où la nature, superbe et colorée, porte la transformation des deux enfants. C’est par ce lien créé avec le jardin que Mary et Colin peuvent à nouveau vivre et non plus survivre.

Si le film est très beau et émotionnellement juste avec de jeunes acteurs plutôt doués, il manque un peu de dynamisme et certains éléments ne sont pas suffisamment développés comme la relation avec Dickon ou celle avec le chien un peu artificielle. Colin Firth semble bien effacé alors que son personnage méritait d’être mieux mis en avant.

La bande-son, composée par Dario Marianelli, est superbe et nous transporte dans un univers onirique enfantin.

CONCLUSION

Si Le jardin secret a des défauts, il reste un très bon film pour les plus jeunes avec un ton qui est loin d’être stupide et puérile. Le handicap et le deuil vécus par ses deux enfants sont transcendés par leur rapport harmonieux et presque fusionnel avec le jardin. De quoi faire réfléchir les plus jeunes sur l’importance de la nature.

Animation, Internationale

Les Incognitos (Blue Sky)

Aujourd’hui c’est vendredi: anim en folie! 

Le super espion Lance Sterling et le scientifique Walter Beckett ont des personnalités radicalement opposées. Lance est relax, cool et il a du style. Walter est … tout l’inverse! Certes, il n’est pas très à l’aise en société, mais son intelligence et son génie créatif lui permettent d’imaginer les gadgets impressionnants que Lance utilise sur le terrain. Alors qu’une mission tourne mal, Walter et Lance vont devoir unir leurs forces. 

Produit par les studios Blue Sky à qui l’on doit notamment la saga L’Âge de GlaceLes Incognitos (Spy in disguise en VO) est un excellent film d’animation!

Film d’espionnage, mais aussi comédie qui soulève des questions sociales, Les Incognitos racontent l’histoire d’une improbable rencontre entre un jeune geek obsédé par des gadgets non létaux pour arrêter les vilains et un espion au melon démesuré. Brillamment doublé par Will Smith, Lance Sterling est l’espion numéro 1 de l’agence dont il dépend, mais il suit rarement les ordres et cela marche jusqu’au jour où un homme-robot va compliquer son travail.

Très référencé « James Bond » le film n’est cependant pas du tout une parodie; au contraire, c’est un vrai film d’espionnage, malgré les introductions régulières d’éléments de SF.

Il dénote cependant par un ensemble de couleurs vives et de scènes d’action complètement décalées puisque Lance va se retrouver dans le corps d’un… pigeon! Alors qu’il pense que cela va nuire à son travail, il va bien vite découvrir l’utilité d’être si petit et de passer inaperçu. Le parallèle avec son comparse inattendu Walter (Tom Holland) est flagrant et même si la métaphore est simple (la différence), elle est mise en scène de façon originale.

Le film est vraiment drôle, mais pas que: certaines scènes sont assez dures pour les plus jeunes, car les auteurs n’hésitent pas à montrer que le méchant ne fait pas semblant de tuer.

Mais le film se distingue surtout visuellement grâce à une superbe animation. On notera aussi que les génériques d’ouverture et de fin font partie intégrante du film tant ils sont recherchés.

CONCLUSION

Les Incognitos est un long-métrage d’animation drôle, visuellement superbe et parfaitement mis en scène. Le scénario fonctionne et le doublage très réussi permet de nous attacher facilement aux personnages. Il fallait oser centrer son intrigue sur des pigeons!

Animation, Internationale, Jeunesse

[SPECIAL ANNECY 2020] Nahuel et le livre magique (Chili)

Nahuel vit avec son père dans une ville de pêcheurs, pourtant la mer lui inspire une peur profonde. Un jour, il trouve un livre magique qui semble être la solution à son problème. Mais un vilain sorcier, à la recherche de l’ouvrage, capture son père. Pour Nahuel, c’est le début d’une aventure au cours de laquelle il va devoir délivrer son père et surmonter ses craintes.

Orphelin de mère, Nahuel a peur de l’eau et ne peut donc pas aider son père marin pêcheur. Embêté par des petites brutes de son village, le jeune garçon trouve refuge dans un vieux manoir abandonné où il découvre un livre magique dans lequel une incantation sur le courage pourrait enfin l’aider à soutenir son père. Mais Nahuel ouvre une boîte de Pandore et surtout un monde secret où un sorcier attend patiemment depuis des années de mettre la main sur ce livre de magie noire.

Nahuel et le livre magique est le premier film d’animation du Chilien German Acuña et quel joli film! On découvre avec plaisir le folklore andin et notamment celui des Indiens Mapuche, guérisseurs proches de la nature. Le côté conte initiatique se mêle à une ambiance méconnue et ce parce que l’auteur met vraiment en avant sa culture. Le réalisateur développe une riche mythologie entre kalkus, voladoras et créature marine. La mer tient d’ailleurs une place très importante dans le film, à la fois source d’angoisses et lieu magique de tous les possibles. Il est louable de voir qu’Acuña transporte les spectateurs dans son propre univers sans tenter de rapprochements avec la culture occidentale. On regrettera seulement que l’intrigue ne soit pas à la hauteur de l’univers présenté. En effet, l’ensemble est un peu trop linéaire et la fin vite expédiée. Parfois les dialogues sont trop longs et certaines scènes auraient mérité plus de dynamisme, mais les personnages sont par contre parfaitement campés et notamment le jeune héros. Même le sinistre Kalku est un vilain digne des contes de notre enfance (on pense par exemple à la méchante reine de Blanche-Neige)!

La seconde partie prend une teinte beaucoup plus sombre à la limite de l’horreur qui se rapproche assez logiquement des contes traditionnels. Mais cela ne fait pas oublier la qualité visuelle du film qui propose d’incroyables plans de nature, du village en bord de mer avec ses maisons biscornues ou encore des personnages que l’on dirait presque sortis d’un livre illustré. Designs et animation 2D sont parfaitement maîtrisés et offrent une belle plongée dans un riche univers!

CONCLUSION

Nahuel et le livre magique est un très chouette film à découvrir à partir 8/10 ans (en fonction de la sensibilité des enfants..) avec un univers culturel et géographique original qui permet de faire découvrir les histoires qu’on se raconte tout autour du monde.

Animation, Internationale

[SPECIAL ANNECY 2020] Le Chevalier et la Princesse (Egypte)

Un jeune guerrier est déterminé à sauver femmes et enfants iraniens qui ont été enlevés par des pirates pakistanais. Cela le conduit à tomber amoureux d’une princesse et à devoir affronter un tyran brutal ainsi que son perfide sorcier.

Premier film d’animation égyptien (également produit par l’Arabie Saoudite), Le Chevalier et la Princesse, bien que pas abouti, reste une bonne surprise.

De façon peu judicieuse, le film mélange comédie musicale, drame social, Histoire et magie. Avec des références à peine cachées à Aladdin, le film propose cependant une plongée dans un Orient finalement inconnu de tous. Sur fond d’affrontements entre l’Iran et le Pakistan, nous découvrons le folklore oriental et c’est bien agréable de nous voir proposer des ambiances différentes de ce qu’on a l’habitude de voir. Même si l’amourette n’est pas très fine – avec certes une princesse guerrière, mais qui se languit de son chevalier – l’univers historique présenté nous plonge dans une époque intéressante. La comédie naît des deux Djinns complètement stupides asservis à un sorcier à la tête d’un obscur culte. Le film met donc en avant à la fois une Histoire, mais aussi des croyances locales qui permettent de mieux comprendre ces pays lointains que l’on met uniquement en avant dans le cadre de fanatisme religieux, non-respect des droits humains ou pauvreté…

Si les décors sont superbes avec un foisonnement de couleurs et de détails (on pense au tapis par exemple, mais aussi aux décorations de fontaines), on pourra regretter les personnages caricaturaux et notamment les méchants Pakistanais dépeints un peu comme des ogres.

Au niveau de l’animation, c’est assez inégal: même si la 2D est plutôt jolie, les éléments en 3D ne sont absolument pas maîtrisés et ne devraient pas être là (par exemple, deux personnages ont été faits en 3D, mais on ne sait pas vraiment pourquoi…). Il y a des coupes un peu étranges avec des écrans noirs de quelques secondes et le montage est chaotique; il faut donc passer outre la technique. 😀

CONCLUSION

Difficile sans doute de montrer Le Chevalier et la Princesse à des enfants, car le film n’est pas très bon en soi et la violence n’est pas édulcorée; de plus les thématiques ne sont par forcément intéressantes pour les plus jeunes. Mais c’est bien aussi de voir en animation ce genre de film, certes pas du tout au niveau d’un Pixar, mais qui ouvre les yeux sur les capacités d’autres pays à produire de l’animation et à parler de leurs histoires; de leurs folklores!


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[SPECIAL ANNECY 2020] Spéciaux films TV

Cette année, pas de festival d’Annecy sur place… 😦 MAIS le festival n’a pas été annulé pour autant et on peut donc voir de nombreuses choses en ligne une fois accrédité (attention: tous les films ne sont pas présentés dans leur intégralité! Il faut bien vérifier…).

On commence donc notre tour d’Annecy 2020 avec les spéciaux.


L’odyssée de Choum (FRANCE/ BELGIQUE)

Julien Bisaro et Claire Paoletti

Attendu depuis longtemps, j’ai enfin pu le voir! Quel régal! Quelle merveille! Quel joli spécial!

Après une grosse tempête, une jeune chouette sort de son oeuf, mais sa maman n’est pas là. Avec son jeune frère, toujours dans l’oeuf, elle part à la recherche de celle qui s’occupera d’eux. A travers l’aventure de Choum, nous découvrons la faune et la flore de ce qui ressemble au bayou entre serpent et lucioles.

Sans presqu’aucun dialogue ni matraquage d’un message écologique, les auteurs arrivent cependant à nous faire prendre conscience de l’importance de la biodiversité et de sa protection. C’est touchant, plein d’humour et d’une beauté époustouflante; notamment l’animation des animaux parfaitement maîtrisée.

L’intelligence du film réside dans sa cible familial, mais aussi dans son ton pas du tout moralisateur, mais au contraire qui invite à nous ouvrir sur notre nature avec force détails. Quand on a fini le visionnage au bout de 26mn, la seule chose que l’on se dit c’est: évidemment, Choum devrait avoir droit à son film! 😀

Le Quatuor à cornes: là-haut sur la montagne (FRANCE)

Benjamin Botella, Arnaud Demuynck et Nathalie Dargent

Après la découverte de la mer, les quatre vaches découvrent la montagne, invitées par JB. Mais à leur arrivée, le moniteur a disparu et ses petits Jérômes pensent que le Bêlé-Bêlé l’a mangé. Nos intrépides vaches partent à sa recherche jusqu’au Pic des Edelweiss.

Le premier court était super et le deuxième l’est encore plus notamment grâce à un humour décapant avec des dialogues au poil. C’est sans doute Aglaë qui remporte la palme grâce à un excellent doublage. Plusieurs séquence sont à retenir comme la traversée d’une toute petite rivière, le « pestacle » des agneaux qui imitent leur moniteur à l’accent belge (qui m’a fait mourir de rire!) ou encore la séquence complètement décalée de yodel avec des marmottes!

Tout est parfaitement maîtrisé, de l’écriture comique, joyeuse et inventive, à la réalisation dynamique et divertissante jusqu’à la superbe animation en 2D qui n’oublie pas de s’attarder sur de beaux paysages de montagne.

Une suite sans aucun doute réussie!