Fantômes & Cie de Yann Samuell (4/5)

 

 

mercrediAujourd’hui c’est mercredi: ciné party!

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Sans domicile fixe depuis que l’orphelinat qu’elle hantait a été rasé, une famille de fantômes, les Craggyford, recherche désespérément un nouveau lieu où tomber son drap et se mettre à l’abri des chasseurs de spectres. Cette famille recomposée est très bientôt rejointe par un nouveau venu qui vient juste de passer de vie à trépas…  

Le film de Yann Samuell (Jeu d’enfants), adapté d’un roman d’Eva Ibbotson, romancière anglaise pour la jeunesse, est passé complètement inaperçu et on se demande bien pourquoi (sauf si l’on s’arrête à l’horrible affiche…), car il est fort sympathique.

On retrouve le brin de folie du réalisateur dans cette histoire de fantômes SDF à la recherche d’une demeure où vivre en paix pour l’éternité. Si les effets spéciaux ne sont pas toujours de bonne qualité, le scénario est bien construit et les gags complètement décalés fonctionnent très bien.

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L’ambiance très familiale du film permet de passer un agréable moment en compagnie de ces fantômes un peu barges. De plus, les décors et paysages sont magnifiques et mettent en avant toute la beauté des campagnes anglaises.

Les personnages sont bien travaillés et les acteurs jouent tous le jeu. L’humour est très décalé et british! Kevin McKid joue pour une fois un personnage absolument pas sérieux, abusant de son accent écossais.

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Emma Fielding en chef de la famille Craggyford est sans doute la plus drôle avec ses deux sœurs qui n’existent plus que par leur tête!

Ces fantômes hétéroclites venant tous d’une époque et d’un pays différent, mais qui pourtant vivent comme une vraie famille, est une belle métaphore de la famille recomposée.

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Malgré la comédie, on découvre un sujet sous-jacent moins amusant: la destruction du patrimoine. Car à force de détruire les anciens châteaux et les belles demeures d’époque, les fantômes n’ont plus de lieux à hanter. Le réalisateur utilise ces SDF un peu particuliers pour nous alerter sur la disparition de notre patrimoine et l’oubli de nos traditions. Il est un peu dommage de voir que ce sujet s’étiole au fur et à mesure de l’avancée du film et que Samuell oublie de consolider son point de vue, rendant le film moins bon que ce qu’il aurait pu être.

CONCLUSION

Fantômes & Cie est un film à regarder en famille qui amusera beaucoup les enfants et qui n’est pas dénué de charme. Une comédie bien filmée avec des dialogues parfois vraiment hilarants et des séquences poétiques (la fête foraine abandonnée notamment). À découvrir!

 Actuellement disponible sur NETFLIX FRANCE

La Légende arthurienne

 

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Le très bon magazine Histoire et images médiévales qui n’existe malheureusement plus, continue à nous informer sur le folklore et traditions au Moyen Âge. Leur podcast, Fréquence médiévale propose régulièrement des interviews de chercheurs, essayistes, spécialistes et autres doctorants sur le sujet.

Cette fois-ci, voici une émission sur la légende arthurienne des origines à la série Kaamelott: comment le mythe a-t-il évolué au fil des siècles? Bonne écoute!

 

La mécanique du coeur de Mathias Malzieu

mardi Aujourd’hui c’est mardi: littérature pour les grands magiciens!

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Edimbourg, 1874. Jack naît le jour le plus froid du monde et son cœur en reste gelé. Mi-sorcière mi-chaman, la sage-femme qui aide à l’accouchement parvient à sauver le nourrisson en remplaçant le cœur défectueux par une horloge. Cette prothèse fonctionne et Jack vivra, à condition d’éviter toute charge émotionnelle : pas de colère donc, et surtout, surtout, pas d’état amoureux. Mais le regard de braise d’une petite chanteuse de rue mettra le cœur de fortune de notre héros à rude épreuve. Prêt à tout pour la retrouver, Jack se lance tel Don Quichotte dans une quête amoureuse qui le mènera des lochs écossais jusqu’aux arcades de Grenade et lui fera connaître les délices de l’amour comme sa cruauté.

Si le film n’était vraiment pas à la hauteur de mes espérances avec un scénario brouillon et un survol de certains thèmes, le livre dont il est tiré est très agréable.

Court roman fantastique et poétique, La Mécanique du Cœur nous entraîne sur les pas de l’amour et toutes ses joies comme ses peines. L’ambiance historico-steampunk est plaisante avec différents passages très visuels. L’histoire dure sur plus longtemps ce qui rend crédible l’aventure de Jack, plus que dans le film où l’on courrait après les actions. On remarquera un thème récurrent dans l’histoire: l’hommage régulier aux métiers manuels; aux artisans, qu’ils soient musiciens, horlogers, ébénistes, artistes de cirque, funambules… C’est ce qui donne à l’histoire un ton à la fois désuet et merveilleux; comme si l’on rentrait dans un vieux musée chargé de mystère et de magie.

Jack est ici beaucoup plus attachant et moins niais tout comme la fin plus intelligente et assez surprenante. Les actions du héros sont compréhensibles et malgré ses aventures farfelues, on se prend à rêver d’autant de magie dans notre vie. Les dialogues sont riches et les descriptions à la fois claires et détaillées. Il plane sur le roman une atmosphère légère et joyeuse malgré certains passages émouvants. On sort de cette lecture plaisir avec le sourire aux lèvres et l’envie de se balader en plein air!

On s’étonnera du fait que Malzieu n’est pas exactement adapté son roman alors que la construction de son intrigue tenait déjà la route. Sa propre adaptation cinématographique est un mauvais reflet de son livre bien écrit avec un vocabulaire intéressant et des tournures de phrases amusantes. On reconnaîtra la patte d’un bon auteur et malheureusement pas celle d’un bon scénariste…

La Mécanique du Cœur, c’est un petit roman à lire pour faire une pause entre deux gros pavés; une histoire pleine de mélodie et d’émotions.

L’ours et le chat sauvage

samediAujourd’hui c’est samedi: vive les petits!

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Comment guérir d’une blessure ? Comment combler un vide ? Comment supporter une absence ? Comment survivre à la mort d’un être cher ? L’ours croit qu’il n’y arrivera pas. Qu’il restera inconsolable du départ de son ami le petit oiseau. Il ne se sépare plus du cercueil qu’il lui a fabriqué.  Mais c’est en acceptant de passer par toutes les étapes de la souffrance et du deuil – révolte, souvenirs, chagrin, solitude…– qu’il va enfin reprendre goût à la vie, et faire de nouvelles rencontres.

On m’avait vivement conseillé la lecture de cet album de part sa façon d’aborder un sujet difficile. Mais finalement, je suis assez déçue. Il est possible que cela soit lié à un problème de traduction, car le texte ne m’a pas spécialement parlé. Je l’ai trouvé assez succinct et abrupt, manquant un clairement de poésie.

Les illustrations de Komako Sakaï sont vraiment belles avec une originalité dans la technique qui donne un ton très particulier à l’histoire.

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J’ai eu de mal à comprendre le lien entre le fait de reprendre goût à la vie; de retrouver un ami et l’idée de devenir ours danseur. La présentation du deuil et sa façon de le surmonter ne m’ont pas du tout touchée.

Vraiment dommage…

Assassin’s Creed Revelations

dimancheAujourd’hui c’est dimanche: jouons!

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Desmond retourne dans les mémoires d’Ezio Auditore, maintenant âgé de 52 ans et au terme de sa quête d’Assassin. Celui-ci recherche les secrets du grand maître assassin Altaïr Ibn La-Ahad se situant dans la bibliothèque de la forteresse de Masyaf. Il y découvre l’entrée d’une pièce secrète, mais surtout un groupe de soldats Templiers opérant dans cette région sous couvert de l’ancien Empire Byzantin. Ezio apprend que les autres clés se trouvent à Constantinople , alors capitale de l’Empire ottoman dominant la Cappadoce, où elles ont été cachées par Niccolò Polo. Les emplacements des clés sont encodés dans des textes, eux-mêmes dissimulés dans les monuments de la ville et afin de déchiffrer les écrits du voyageur, Ezio fait appel à Sofia Sartor, une libraire italienne avec qui il entame une relation amoureuse. Ezio découvre aussi que les clés renferment des souvenirs d’Altaïr, qui aident le maître Assassin à décider quel sera son avenir et celui de son ordre.

Ezio doit également reprendre Constantinople tombée aux mains des Byzantins avec l’aide de Yusuf Tazim, le chef local des Assassins. Ils se retrouvent ainsi impliqués dans le conflit entre le Prince Ahmet et son frère Selim, tous deux désireux de s’emparer du sultanat. Ezio y fait aussi la connaissance d’un jeune étudiant, Suleiman, en réalité fils de Selim et prince Ottoman qui soupçonne un complot des Byzantins. En effet, Ezio découvre que Manuel Palaiologos est en train de lever une armée avec l’aide des Templiers pour renverser le pouvoir et restaurer l’Empire byzantin. Les deux hommes s’affrontent dans le repaire de Palaiologos, dans les montagnes de la Cappadoce. Là, Ezio découvre que le véritable chef de l’opération est Ahmet, l’oncle de Suleiman, qui souhaite atteindre lui aussi la bibliothèque afin d’utiliser les connaissances qui y sont contenues pour instaurer l’ordre idéal.

De retour à Constantinople Ezio part défier Ahmet, qui a tué Yusuf et pris Sofia en otage. Après un assaut sur l’arsenal de la ville, Ezio et Ahmet conviennent d’un échange : les clés de Masyaf contre la vie de Sofia. Ezio est donc contraint de donner les clefs à Ahmet. Lorsque le conflit est réglé, Selim ordonne à Ezio de quitter la ville avec Sofia et de ne plus revenir, laissant la vie sauve à un homme que Suleiman tient en grande estime.

Ezio et Sofia partent donc pour Masyaf où ils ouvrent la bibliothèque d’Altaïr, mais celle-ci ne contient aucun livre, aucune révélation, seule réside au centre du sanctuaire des assassins, la dépouille d’Altaïr, mort de vieillesse et tenant une dernière clé.

Assassins, bienvenue à Constantinople! Ezio a quitté sa famille pour trouver les clefs de Masyaf qui lui en apprendront plus sur la Pomme d’Eden. On retrouve la même mécanique que dans le précédent volet avec en objectif secondaire la reconstruction de Constantinople gangrenée par les Templiers à la solde des Byzantins. C’est un dénommé Yusuf, chef des Assassins de la ville, qui prend Ezio sous son aile et lui demande son soutien.

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Si certains pourraient regretter la répétition des actions, l’intrigue principale est aussi palpitante que celle à Venise avec une véritable découverte historique de l’époque et de la ville. L’histoire de Suleiman et les intrigues de cour du sultanat de l’actuelle Turquie ne sont pas un univers auquel nous sommes habitués et tous les passionnés d’histoire pourront s’y retrouver.

De plus, le scénario exploite également la Cappadoce (Anatolie) et sa ville troglodyte, une nouvelle exploration de terrain pour les joueurs et une ambiance très différente, beaucoup plus oppressante. La part belle est également faite aux navires avec beaucoup de séquences au sein de l’Arsenal de Constantinople. De quoi donner un avant-goût pour le Black Flag

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Ezio est encore plus attachant: vieilli et fatigué, il n’en reste pas moins toujours attaché aux valeurs des Assassins et vous serez ravi de développer votre propre guilde avec de nombreuses missions à réaliser.

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Il est cependant toujours difficile de s’attacher à Desmond, perdu dans les méandres de sa conscience. Les incursions dans l’Animus se sont faites pour ma part à reculons.

La fin est, comme pour le précédent volet, un peu étrange et ne nous éclaire pas plus sur la fonction de la Pomme d’Eden. La présence de divinités grecques finit de perdre le joueur et on se demande si les scénaristes ont réellement réfléchi à une fin crédible et cohérente à l’histoire de cette lignée exceptionnelles d’Assassins (Lost?).

CONCLUSION

Assassin’s Creed: Revelations n’a pas toujours été bien accueilli, à tort il faut le dire, car si les scénaristes reprennent à l’identique certaines situations de l’opus Venise, les nouveaux personnages présentent réellement une force et un atout à leur histoire. Le graphisme a également fait un bon  avec des cinématiques très réalistes (même si l’on est loin du dernier Tomb Raider!).

GRAPHISMES: 20/20

Superbes décors et ambiance orientale tout à fait soignée! Un soin tout particulier a été apporté à l’architecture des bâtiments très détaillés.

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JOUABILITÉ: 20/20

Game-play toujours aussi agréable avec plus de fluidité dans la caméra. La direction du personnage est également mieux maîtrisable.

DURÉE DE VIE : 20/20

Ezio est fort et reste longtemps en vie; cela nous permet de réfléchir plus facilement à nos stratégies d’attaques.

SCÉNARIO: 18/20

Une belle aventure historique à l’époque du déclin de l’Empire Byzantin et de la naissance du sultanat. De quoi en apprendre plus sur cette région rarement mise en avant et sur la prospérité de cette époque (arts & cultures, cultes, population variée, architecture). Le lien avec Desmond est cependant beaucoup plus complexe que d’habitude et certains épisodes avec Altaïr coupent trop brutalement l’intrigue principale. De plus, on peut comprendre qu’acheter des échoppes de médecins et des librairies ne soit pas toujours l’éclate totale!