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Le Grand Livre des Esprits de la Nature (20/20)

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Depuis la nuit des temps et aussi loin que va le monde, des esprits veillent sur la nature, la protègent et la défendent. Nombre de noms leur ont été donnés : fées, elfes, ondines, devas, faunes…
Pour la première fois, un livre vous révèle leurs secrets, leurs habitudes, leurs apparences… Vous voyagerez dans le temps et dans l espace, vous y rencontrerez des créatures connues, d autres dont vous ne soupçonniez même pas l existence. Un voyage autour du monde des véritables Gardiens de notre Terre…
Ce livre ne vous cachera rien. Ni la beauté de ces êtres, ni leur noirceur. Il vous apprendra comment accueillir en vos jardins certains d entre eux au moyen de leurs plantes préférées ou de quelque habitude précise. Il vous révélera aussi comment repousser les autres, ceux qu il vaut mieux craindre… Un livre complet, rempli de précieuses anecdotes, pour les amoureux de Féerie et de Dame Nature.

Le nouvel album illustré féerique viendra remplir vos étagères pour votre plus grand plaisir! La présentation est très structurée et esthétique avec de beaux encars, des encadrements et des colonnes organisées en fonction de leur contenu. Construit comme un abécédaire, Le Grand livre des Esprits de la Nature est facile à lire et surtout à relire si l’on veut revenir sur une créature en particulier.

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Chaque Esprit présenté donne lieu à des digressions vers d’autres pays ce qui permet d’élargir notre champ de découvertes, mais surtout de connaissances. Ayez votre ordinateur à portée de main afin d’aller fouiner sur internet pour y recuillir des informations sur les divers parents des créatures mises en avant! De plus, on découvre également les légendes d’antan permettant de faire un lien avec les fortes croyances et/ou peurs de cette époque. On notera par exemple que les créatures des marais et étangs sont souvent « négatives » indiquant la peur de l’eau et de ce qui peut s’y cacher (comme les monstres marins).

Le principal intérêt de l’ouvrage réside dans la découverte des créatures d’Europe et donc pas seulement de France. On part à la rencontre des croyances et légendes Italiennes, Espagnoles, Belges ou encore Suisses. Les propos de Richard Ely sont loins d’être fastidieux ou didactiques; il propose plutôt des descriptions poétiques et enjouées, empreintes de mystère et de féerie. Son style littéraire est accrocheur et particulièrement travaillé. Il met également en avant Dame Nature et nous incite à la respecter, car le Petit Peuple s’y cache (enfin, il s’y cache de moins en moins…). Le message écologique est donc légèrement distillé à chaque page; un bon moyen également de sensibiliser les plus jeunes.

Les illustrations de Frédérique Devos sont superbes et changent vraiment de ce que l’on voit habituellement. Son style est indescriptible, mais on saluera surtout sa maîtrise des couleurs et des arabesques.

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Le Grand Livre des Esprits de la Nature est un superbe ouvrage foisonnant de détails et de découvertes, de légendes et de croyances à découvrir absolument pour tous les passionnés de Féerie. L’ouvrage est poétique, merveilleux, mais aussi drôle parfois. Le tome 2 est à attendre avec beaucoup d’impatience…

Attention, il est possible de perdre toute notion de temps et d’espace pendant votre lecture: laissez-vous guider là où les Fées vous entraînent…

D’autres avis de mes confrères: Mythologica et Khimaira
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INTERVIEW RICHARD ELY

Bonjour Richard, pourrais-tu te présenter aux lecteurs des Mondes Merveilleux ?

Bonjour Marie. Eh bien… Pour me présenter, je dirais que je suis un passionné de Féerie, de l’étrange merveilleux… Une passion qui m’a de tout temps accompagné. Mon village d’enfance était baigné dans un folklore sorcier. On craignait les garous, les chorchiles… On nous menaçait des Marluzines, sortes de fées du vent. On nous contait l’histoire de ces gens enlevés par les lutins et qu’on retrouvait à des lieues de l’endroit où ils avaient disparu. Ensuite, cette passion m’a suivi. Dans mes lectures, mes études, mes projets… Jusqu’à me mener au blog Peuple-feerique.com et a l’envie d’écrire, de transmettre certaines choses…

On te connaît grâce à Khimaira puis le Peuple Féerique. Comment t’es venu l’envie de ce livre ? Combien de temps s’est écoulé jusqu’à la parution ?

Ce livre-ci vient d’une question qui me taraudait depuis des années. Les fées, les lutins, les elfes… tous ces êtres de la Petite Mythologie… D’où venaient-ils ? J’avais envie de répondre à cette question pour moi-même, aller le plus loin possible dans la recherche de leurs origines. Cette recherche a vite fait place à l’idée d’une série de livres, quatre à l’origine qui devinrent deux finalement. Et surtout, le parallèle avec d’autres cultures a été une évidence. Une envie d’explorer le Temps et l’Espace… J’ai mis trois années à réunir les informations et à écrire le Grand Livre des Esprits de la Nature. Trois belles années où chaque jour, je faisais de nouvelles découvertes. Un travail harassant mais passionnant. Avec le recul, c’est cette partie là de l’aventure que j’ai le plus appréciée. Me plonger dans des centaines de vieux grimoires, correspondre avec des spécialistes, des gens de par le monde, partir sur les traces des fées… Une belle expérience, longue, fatigante mais heureuse.

Pourquoi avoir choisi parfois des créatures dans des lieux très précis comme le Couzzietti ?

Le livre reprend 1150 dénominations recueillies des êtres féeriques. Mais notre volonté de mettre sous forme le livre en 100 « tableaux » nécessitait d’en sélectionner 100 plus particulièrement. A côté de l’idée alphabétique, de la représentation d’un maximum de pays possible, il y avait en effet, et tu l’as repérée, cette idée de montrer la proximité des fées, des lutins. Oui, certains êtres ont un territoire étendu et d’autres sont très localisés. C’est aussi une manière de dire que dans chaque hameau existaient autrefois des esprits du lieu. Rendre à nouveau accessible cette idée, dire aux lecteurs que les fées et lutins, le Petit Peuple n’est pas toujours enfermé dans un monde de légendes, caché dans un royaume englouti. Il n’appartient pas aux Il était une fois… Il vibre à nos côtés, dans ce qui a construit notre petit monde, là, tout près…

Pourquoi cette volonté d’ouverture sur le monde ? On voit bien à chaque page l’envie de faire découvrir les créatures merveilleuses de la nature présentent dans tous les pays.

Parce que c’est ainsi. Qu’ils existent dans toutes les cultures, tous les folklores du monde ! Avec leurs différences bien sûr, on ne parle pas d’un Nuton d’Australie, d’un Mimih des Ardennes ! Il faut respecter leurs différences tout en montrant la richesse des croyances de ce monde. En découvrant moi-même au fur et à mesure l’ampleur de cette Petite Mythologie mondiale, j’ai eu envie de partager cette joie. Une façon de faire voyager les lecteurs, de les inviter à un voyage extraordinaire. Et il faut dire qu’au-delà des créatures, l’extraordinaire se retrouve aussi dans les paysages qui les abritent, des terres où la Nature sauvage existe encore heureusement.

Finalement, ton ouvrage ne présente pas des informations factuelles sans saveur, mais nous entraîne réellement au cœur de Féerie ; un peu à la manière de Pierre Dubois, dans un style poétique. Était-ce un choix de ta part ou seulement ma propre vision de ton écriture ?

Oui, certainement. Je suis d’abord et avant tout un poète. La poésie est pour moi mon premier moyen de communication au monde. Je n’ai ni la chance d’être musicien, ni celle de pouvoir dessiner, peindre. Ce que je ressens à travers la musique que j’écoute et les tableaux, illustrations que j’admire, je ne le ressens nulle part ailleurs que dans la poésie. Cette façon de sortir de notre esprit, de laisser notre âme vagabonder sur les mots. C’est la seule forme d’écriture qui m’étonne toujours quand je me relis. Comme si je lisais l’œuvre de quelqu’un d’autre… Et puis, si j’aime beaucoup lire des essais autour de la féerie comme les travaux passionnants de Claude Lecouteux par exemple, c’est vrai que pour moi la féerie est indissociable de la poésie. La poésie permet de te perdre dans d’obscures forêts, de construire des dédales de ronces, d’épines et de basculer en quelques secondes en te retrouvant couché sur un tapis d’herbes, enfermé dans une bulle de rosée ou enivré du parfum de la plus belle des roses. La poésie est insaisissable, créatrice, ailleurs et tellement présente. Tout comme Féerie.

Tu cites Pierre Dubois, un vrai précurseur pour la France en matière de Féerie. On a eu bien de la chance d’avoir une ouverture pareille. Il a posé les jalons d’une façon envolée, délirante parfois mais quand on s’y arrête, on y trouve une réelle profondeur. Il a su amener toute la magie des fées sans les dénaturer. Ses œuvres comportent ce parfum du passé, des croyances d’antan, des mises en garde, de la tristesse aussi…  J’avoue que j’adhère à l’homme et à la vision de la Féerie qu’il possède. J’ai une profonde admiration pour Pierre Dubois. C’est clairement exprimé dans le Grand Livre. Nous parcourons les mêmes chemins sauvages de Féerie, il me connaît depuis des années, a participé au folklore vivant de mon village… J’étais très heureux quand il m’a félicité pour le livre. Il sait que je sais qu’il sait.

A chaque créature, on sent une volonté d’inciter les lecteurs à respecter, et le Petit Peuple (par extension les anciennes croyances) et la Nature. Pourquoi cette envie d’impliquer les lecteurs ? De les « moraliser » dans le sens, les faire réfléchir en plus de les émerveiller !

C’est vrai. Lorsque j’ai relu le livre la première fois, je me suis demandé s’il n’était pas trop moralisateur. Et puis, non, j’ai laissé ça comme ça. Ce que l’Homme a fait et fait encore subir à la Nature est tellement énorme qu’une bonne dose d’élan combattif, de rappel du respect, de mise en garde contre les dérives, les menaces, les désastres ne me semble pas de trop. Ceci dit, j’ai insisté également sur la beauté du monde, de ces paradis où vivent les esprits de la Nature. Endroits malheureusement de plus en plus restreints et clos. Mais je crois à la bonne volonté des hommes. Partout autour de moi, des gens, de plus en plus nombreux, posent de gestes aussi simples que forts : des jardins sauvages, du compostage, la protection ou la restauration de milieux naturels. Féerie et Nature sont indissociables. L’intellectualisation des fées, particulièrement marquée dans la culture française qui semble avoir confondu les fées du folklore, du savoir paysan avec des personnages de théâtre ou de roman a fait, pour moi, autant de mal que l’électricité ou le train aux esprits de la nature. Renouer avec la Nature, une nature habitée, vivante, c’est emprunter le chemin des fées… On ne peut espérer connaître Féerie qu’en plongeant ses mains dans la terre.

Les illustrations de Frédérique sont complètement différentes de ce que l’on peut voir habituellement. Etait-ce un choix de ta part ou une découverte suite à ta collaboration avec elle ?

J’ai rencontré Frédérique et son univers merveilleux grâce au blog Peuple-feerique.com. Suite à l’envoi d’un de ses dessins, j’ai voulu la rencontrer et quelle ne fut pas notre surprise de constater que nous habitions à 40 km l’un de l’autre. A notre première rencontre, elle m’a parlé de son univers rempli de fées, de nature. Je lui ai parlé de mon projet. Nous avons décidé de collaborer ensemble. Elle a mis une bonne année pour définir le style des illustrations du livre. Montrer l’invisible, associer les fées à la nature… Les défis étaient nombreux. Le résultat est vraiment génial ! Il dénote d’une part avec ce qu’on peut voir par ailleurs lorsqu’on dessine des fées et lutins et se rapproche de la démarche des illustrateurs de l’Art Nouveau, eux aussi animés par ce désir d’un retour à la Nature. Une fois le style trouvé, Frédérique a eu énormément de liberté de ma part. Elle recevait mes textes et je recevais ses illustrations. J’ai apporté très peu de modifications tellement j’étais satisfait.

Peux-tu nous donner quelques références en matière d’ouvrages féeriques ? Des choses qui te semblent essentielles à lire. J

Je ne vais pas citer la petite bibliographie que je conseille en fin d’ouvrage même si pour moi, ce sont là des essentiels. S’il fallait se limiter à quelques livres seulement, je conseille bien évidemment les encyclopédies de Pierre, les essais de Claude Lecouteux, les travaux de Katherine Briggs ainsi que le très intéressant Fées, elfes, dragons & autres créatures des royaumes de féerie sous la direction de Claudine Glot et Michel Le Bris qui en dit beaucoup sur le parcours des fées depuis leurs origines jusqu’à aujourd’hui. Et puis, surtout, partez à la recherche des ouvrages de votre région, refaites vivre les collectes locales, retranscrivez la moindre anecdote, la plus petite référence de lieu, de créature à côté de chez vous. Les fées de vos jardins sont les premières à disparaître !

Enfin, ton Bestiaire fantastique et créatures féeriques de France sort en octobre, après ce nouveau livre, as-tu d’autres projets ?

Oui, le 25 octobre, aux éditions Terre de Brume. Un ouvrage réalisé avec Amélie Tsaag Valren. Il s’agit ici d’une présentation des fées, lutins et d’une foultitude d’autres créatures, toutes de France. L’ouvrage permet entre autres choses de trouver les créatures par région ou département. Pour la suite, j’aimerais retravailler sur des projets jeunesse avant la parution du tome 2 du Grand Livre, prévue pour fin 2015. J’ai également deux recueils poétiques prévus pour 2014.

Merci Richard pour tes réponses et pour ton ouvrage merveilleux et sensible.

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3 réflexions au sujet de « Le Grand Livre des Esprits de la Nature (20/20) »

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