Adaptation·Animation·Française·Jeunesse

Le jour des Corneilles

vendrediAujourd’hui c’est vendredi: anim en folie!

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Au cœur de la grande forêt, peuplée de bêtes sauvages et d’esprits à tête animale, vit un jeune sauvageon de dix ans, le Fils Courge. Il est élevé par son père, un sévère colosse à la barbe géante, grand chasseur et mangeur de chair fraîche, qui lui a toujours dit que le monde s’arrêtait à la lisière de la forêt. Un jour pourtant, pour sauver son père blessé, le garçon tente le tout pour le tout et s’aventure hors de la forêt. C’est ainsi qu’il découvre un village voisin, où il fait la rencontre de Manon, la fille du docteur qui a accepté de soigner son père. Avec Manon, le fils Courge apprendra tout de ce nouveau monde dit civilisé, où les fantômes n’existent pas mais les ogres oui. Car ici l’on raconte que le père Courge est un ogre… Et les ogres, c’est bien connu, ne sont pas des pères comme les autres…

Sorti en 2012, ce long-métrage d’animation français avait reçu de bonnes critiques et un peu plus d’1 millions de spectateurs s’étaient rendus dans les salles pour le voir. Et pour cause! Le jour des Corneilles est un très beau film d’animation, plein de poésie et de merveilleux.

La première chose qui frappe c’est bien sûr le parallèle flagrant avec les films Ghibli notamment sur la présence des esprits de la forêt et le thème de la mort traité de façon poétique. Ensuite, dès la séquence d’ouverture, l’animation 2D époustouflante promet un film de qualité.

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Cette histoire d’enfant sauvage qui découvre la vie en-dehors de sa forêt rappelle fortement celle de Tarzan ou Mimi-Siku. L’équipe fait la part belle à la forêt qui est au final plus présente que le petit village de campagne. La scénariste (Amandine Taffin) traite avec intelligence de la différence, la peur de l’autre, mais surtout la mort sur fond de Seconde Guerre Mondiale. Le Père Courge est un ennemi du village lui-aussi que personne ne veut voir revenir. Mais après une mauvaise chute, son fils l’amène chez le docteur où il va faire la connaissance de la petite Manon avec qui il va découvrir la vie « moderne ».

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Il y a aussi tout un travail sur la place de la nature et des animaux (la séquence avec les oiseaux par exemple ou le travail très soigné sur les saisons). Ce thème vient appuyer un propos fort et parlant pour les enfants: vivre dans la modernité, en décalage avec la nature n’est pas forcément la meilleure chose. Le Fils Courge d’ailleurs croit dur comme fer aux fantômes et aux esprits de la forêt. Dès le départ, on le voit discuter avec des créatures mi-homme mi-animales, sorte de guides pour le petit garçon depuis son plus jeune âge.

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Amandine Taffin base son intrigue sur le canevas du conte avec la rencontre avec la Princesse, la mère idéalisée, la méchante sorcière qui veut mettre la main sur le père Ogre, au final victime d’un sortilège lié à la perte de son épouse. Tout rentre dans les codes du conte de façon implacable et magique, car l’on sent que l’auteur connaît son sujet. Jean-Christophe Dessaint accompagne ce cheminement dans la réalisation par une rêverie féerique et moderne.

Les personnages sont extrêmement bien travaillés, mais aussi très bien doublés. Lorànt Deutsch en Fils Courge est à la fois drôle et touchant. Chabrol est parfait en docteur et on voit difficilement qui d’autre aurait pu jouer le Père Courge à part Jean Reno. C’est certainement le personnage secondaire du film le plus captivant et celui qui connaît une grosse évolution. Il est un digne représentant de l’Ogre dans toute sa complexité!

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Le film est dans l’ensemble plutôt drôle, mais il y a quelques passages émouvants, notamment la fin. La séquence où le Père Courge chute est également pleine de tension et nous rappelle toute la force de la nature. Le film est très intelligent; n’hésite pas à s’installer dans la contemplation tout en proposant un vrai divertissement familial. On pourra seulement reprocher les 15 premières minutes un peu longues et étranges qui n’aident pas vraiment à rentrer dans l’univers.

CONCLUSION

Il est rare de voir un film mélanger autant de thèmes et d’ambiances avec un résultat aussi efficace! Ce conte joyeux et pur est un véritable régal pour les yeux et un petit joyau scénaristique. A voir en famille dès 6 ans! 

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